Matahi Rous

Heels

 

« Je n’ai jamais bien su m’exprimer avec les mots, mais je sais le faire avec le mouvement ; quand je danse, je m’exprime pleinement, et on m’écoute ». Pour Matahi Rous, la danse est un mode de vie et d’expression. Sa spécialité, c’est le talon : une pratique sensationnelle, queer, différente et technique, qui lui va à ravir.

Enfant, il se souvient avoir essayé le rugby – entre autres. Il sourit en se rappelant : « je virevoltais déjà au bord du terrain, alors mon entraîneur m’avait conseillé la danse ». Le voilà donc, petit garçon, à faire ses premiers pas de danseur dans l’école d’Edwina Costecalde à Rodez. Il y trouve sa place, y restant jusqu’au cursus préprofessionnel.

À dix-sept ans, EAT de jazz en poche, Matahi fait ses bagages, direction Paris. Il entre comme apprenti à l’Académie Internationale de la Danse, une formation pluridisciplinaire et très technique grâce à laquelle il découvre la scène tous les lundis soirs avec le Jeune Ballet Européen au Théâtre du Gymnase. Matahi décide ensuite de voler de ses propres ailes et décroche ses premiers gros contrats : le nouveau spectacle interactif de Disneyland Paris l’été dernier ; l’intense et incroyable aventure de la tournée Drag Race 3 ensuite.

Mais son univers à lui, c’est le talon. « J’ai commencé à Rodez, seul dans ma chambre, en regardant les vidéos de Yanis Marshall. J’étais fasciné par son culot, par sa façon d’assumer son art et sa personnalité, que cela plaise, ou non. » Pour Matahi les choses n’ont pas toujours été simples : il en faut, du courage, pour défendre l’art du talon dans les régions où les mentalités évoluent plus lentement, et où la représentation LGBTQIA+ peine à s’imposer. À Paris, tout est différent. Matahi intègre le cours de Laetitia Simon, qui devient son mentor et polit le diamant brut qu’il est alors. « L’art du talon, c’est la féminité absolue ; c’est encore plus beau dansé par des garçons. Il y a maintenant beaucoup de marketing autour de cette discipline, mais en fait, elle est un dérivé des danses académiques, dont la base est le classique. Le reste n’est qu’attitude et figures. »

Aujourd’hui, si Matahi a un message à faire passer, c’est de ne pas renoncer à ses rêves, surtout pour celles et ceux qui sont encore confronté·e·s aux discriminations. Le jeune homme n’en a d’ailleurs pas fini avec Rodez, puisqu’il revient les 5 et 6 juillet 2025 dans le premier rôle du spectacle d’Edwina Costecalde, « Bohemian Rhapsody ». « Je suis très fier et honoré de porter ce projet avec celle qui est comme ma maman de la danse. » Et qui confie pour la première fois la chorégraphie d’un tableau, une double casquette qui lui donne des envies pour la suite. En attendant, on sera là pour applaudir le talent et la différence.

Article de AtoutAveyron  Mai/juin 2025

Photos : Fred Garrigues

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